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Enedis et RTE confiants sur les capacités du réseau de recharge sur autoroute

Alors que l’on dénombre plus de 500 000 véhicules légers électriques (VE) et hybrides rechargeables (VHR) en circulation en France, ces deux organismes liés à EDF* ont étudié les impacts techniques et économiques des besoins d’infrastructures de recharge sur autoroute pour les 15 prochaines années.

Le 15 juillet dernier, le gouvernement a annoncé que l’hexagone comptait désormais 43 700 points de charge publics, soit 11 000 supplémentaires installées en 6 mois.

Autre information à retenir : la moitié des aires de services d’autoroute (164 à ce jour) sont équipées de bornes de recharge rapide.

Et elles le seront en totalité sur le réseau autoroutier concédé d’ici la fin 2022. En parallèle, l’équipement du réseau routier national non concédé sera réalisé à la même échéance grâce à la mobilisation des services de l’État et de financements exceptionnels de 100 millions d’euros. Au global, la France compte plus de 4000 bornes de haute et très haute puissance (2 700 points de charge ont une puissance supérieure à 50 kW et 1 100 ont une puissance supérieure à 150 kW) qui permettent une recharge en moins de 20 minutes.

C’est dans ce contexte qu’Enedis (ex-ERDF, chargée de la gestion et de l'aménagement de 95 % du réseau de distribution d'électricité en France) et RTE (gestionnaire du réseau de transport d'électricité) ont décidé de prendre la parole.

Ces deux organismes ont réalisé une étude sur l’équipement des autoroutes. L’objectif était d’évaluer le dimensionnement des stations de recharge pour les véhicules légers ainsi que les coûts de raccordement et d’adaptation des réseaux pour permettre d’alimenter ces stations de recharge. Leur étude comprend deux scénarios (l’un de référence et un scénario haut), et deux horizons de temps (2028 et 2035), avec une estimation du parc automobile électrique qui serait respectivement de 5,3 millions de véhicules électriques en 2028 et 15,6 millions en 2035.

Leur conclusion est rassurante : du point de vue du système électrique, le déploiement des infrastructures pour une mobilité longue distance sur l’ensemble du territoire français ne présente pas de défis majeurs, techniques ou financiers.

Et ce, y compris à moyen et long terme. Non seulement, la recharge de forte puissance s’intègre sans difficulté dans les réseaux électriques, mais les pointes de consommation attendues aux beaux jours (chassés-croisés estivaux, longs week-ends) sur les axes les plus fréquentés (A6, A7, A9) ne provoqueront pas de black-out. L’étude évalue que la somme des puissances appelées sur l’ensemble des aires atteindrait en 2035 entre 2 GW et 5 GW à l’échelle nationale, soit entre 4 MW et 12 MW en moyenne par aire. Des chiffres à comparer avec la pointe de 83 GW enregistrée le 22 janvier 2020.

Pour les années à venir, les stations de recharge les plus puissantes actuellement installées devraient suffire à accueillir le trafic autoroutier, avancent Enedis et RTE. De plus, le raccordement des stations de recharge ne pose pas de difficulté technique. Quant aux coûts, ils sont estimés entre 300 M€ et 600 M€ d’ici 2035 (soit entre 20 et 40 M€/an), ce qui représente entre 0,3 et 0,6 % des investissements planifiés par les gestionnaires des réseaux de distribution et de transport sur la période. 80 % des coûts correspondent à des investissements sur le réseau de distribution qui accueillera 95 % des bornes de recharge.

Par contre, la contrainte se situe plutôt au niveau de… l’administration française. L’étude rappelle que des délais de 12 à 24 mois sont à prendre en compte pour permettre la réalisation des études, l’obtention des autorisations administratives et la réalisation des travaux d’adaptation requis. Les demandes de raccordement doivent être anticipées le plus en amont possible par les porteurs de projets pour permettre une bonne adéquation entre les besoins des utilisateurs et le dimensionnement des infrastructures.

*L’un des partenaires du congrès Electric Road