La 6ème édition du congrès ELECTRIC-ROAD aura lieu du 18 au 20 octobre 2021.

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Etat des lieux de la mobilité électrique en 2021

Alors que la crise sanitaire a mis un quasi coup d'arrêt à l'industrie automobile en 2020, la mobilité électrique semble en plein essor, portée par la transition énergétique. Les constructeurs investissent sur de nouveaux modèles plus abordables pour les particuliers, les transports publics optent pour cette motorisation et les énergéticiens innovent pour la recharge. Au sein de ces dispositifs, regardons de plus près quels sont aujourd'hui les enjeux de la mobilité électrique et de tout ce qui l’entoure.

La crise comme accélérateur de la mobilité électrique ou une évolution dans l'ordre des choses ?

Dans les faits, la pandémie et les confinements successifs n'ont pas accéléré la vente des voitures électriques au point de les placer au-dessus des autres. C'est au regard de la baisse record des ventes de voitures en général en 2020, soit seulement 1,65 million d'immatriculations selon le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), que l'électrique tire son épingle du jeu. Cette motorisation a même eu l'audace de passer de 1 à 6,7 % pour l'ensemble du marché automobile. Si on compte l'hybride et l'hybride rechargeables, leur part monte aujourd'hui à 21,7 %[1].

La mobilité électrique tire son épingle du jeu - Photo by Vlad Tchompalov on Unsplash

Mais la hausse de l'électrique avait commencé bien avant, par la prise de conscience écologique et à mesure que la réglementation sur les véhicules émetteurs de CO2 rendait de plus en plus impraticables les centres-villes. Ainsi, depuis le 1er juin 2021, les véhicules ayant la vignette Crit'Air 4 sont eux aussi interdites dans les Zones à Faibles Émissions (ZFE) de la Métropole du Grand Paris. En juillet, ce sera au tour de Rouen. Comme l’explique Jean-Patrick Teyssaire, actuel président du salon Electric-Road : “En 2025, la norme européenne antipollution Euro 7 compliquera aussi l'homologation des véhicules thermiques.”

En somme, pour continuer à rouler, les entreprises comme les particuliers ont tout intérêt à se tourner dès maintenant vers des voitures propres.

Des obstacles encore importants à une déferlante de l'électrique 

Le véhicule électrique semble donc être aujourd’hui arrivé à maturité. Le rendement des moteurs électriques va jusqu’à 98%, l'autonomie de la batterie évolue en permanence – aujourd'hui certains modèles dépassent les 500 km – et les prix des voitures électriques diminuent. Si bien que la mobilité électrique n’est plus réservée aux grandes villes :  les zones rurales et semi rurales sont également concernées. Mais, pour continuer de se développer, tant sur le marché de la mobilité individuelle, que sur les secteurs des transports publics ou du transport de marchandises (et pas seulement la livraison pour le dernier kilomètre) , il sera nécessaire de lever un certain nombre de freins.

Tout d'abord, le parc de bornes de recharge ne croît pas assez vite. L'Union Européenne préconise 1 borne pour 10 véhicules et la France en détient 1 pour 8. C'est bien, mais ce n'est pas suffisant pour rassurer à la fois les consommateurs et les professionnels qui font de la route. Aujourd’hui, 90% de la charge se fait à la maison. Cela explique en partie pourquoi les utilisateurs ont encore parfois tendance à privilégier l'hybride et l'hybride rechargeable pour ne plus dépendre de cette problématique.

Les bornes de recharge, un enjeu majeur de la mobilité électrique - Photo by Charlotte Stowe on Unsplash

De plus, comme le souligne Jean-Patrick Teyssaire : “D'autres aspects ne permettent pas de placer l'électrique comme une solution écologique à tout point de vue et pour tout le monde. Car tout dépend d'où vient l'électricité et comment il sera possible de fabriquer et  d'utiliser plus largement les batteries dans une 2e vie, puis de pouvoir les recycler.” Il est intéressant de noter qu’aujourd’hui 90%

La mobilité électrique pose donc de nombreuses questions : la dimension écologique des batteries, l’accès de la recharge et l'énergie nécessaire. Les défis à relever ne manquent pas et touchent beaucoup d'acteurs : les collectivités locales, les industriels, les constructeurs, tout comme l’aménagement du territoire, les particuliers, etc. Et à cela s'ajoutent des solutions complémentaires, comme l'hydrogène, le vehicule-to-grid, ainsi que l'intervention du digital, offrant de nouvelles perspectives basées sur la mobilité facile et responsable”, souligne Jean-Patrick Teyssaire.

Le salon Electric-Road 2021, le forum expert des mutations de la mobilité, propose pour sa 6e édition d’aborder l'ensemble de ces sujets, et bien d'autres encore, au sein de séances plénières, d'ateliers, de rings de débats et de workshops. L’objectif est d’échanger et de faire avancer la mobilité électrique. Les professionnels comme le grand public averti s'impliquent dans une vision prospective avant tout. Rendez-vous entre le 18 et le 20 octobre 2021 au Palais 2 l'Atlantique à Bordeaux pour en faire partie !

[1] Source : https://www.autoplus.fr/actualite/baisse-historique-du-marche-auto-en-2020-a-son-plus-bas-niveau-depuis-1975-296055.html#item=1