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Ile de France : un réseau de stations hydrogène en plein essor

Avec le développement des taxis à hydrogène, sous l’impulsion de Hype mais aussi de la société Hysetco, il va y avoir de plus en plus de stations H2 en région parisienne. Un plan de marche qui s’inscrit dans le cadre des JO de 2024.

Parlons d’abord de Hype. Sous ce nom, la STEP (Société des Taxis Electriques de Paris) exploite depuis 2015 une flotte de taxis H2 (d’abord des Hyundai ix35 FC, puis des Toyota Mirai). Pour devenir une plateforme de mobilité hydrogène, et proposer à la fois des véhicules et des stations, Hype a décidé de s’entourer de partenaires.

   

C’est ainsi qu’en 2017, le choix a été de créer HysetCo

Il s’agit d’une société d’actifs créée par Air Liquide, IDEX, la Société du Taxi Électrique Parisien (STEP) et Toyota. Depuis, le fonds d’investissement Kouros et TotalEnergies ont rejoint le tour de table. La vocation de la structure est de proposer des véhicules clé en mains (leasing, plaques de taxi, assurance, entretien), mais aussi des stations.

A ce jour, Hysetco dispose de trois stations. Elles sont implantées à Orly, Roissy et à Paris (Porte de La Chapelle) et assurent la distribution de 5 tonnes d’hydrogène par mois. Prochainement, le réseau va s’agrandir avec une nouvelle station, à la porte de Saint-Cloud. D’une capacité d’une tonne d’hydrogène par jour, elle pourra faire environ 400 pleins de voiture. L’hydrogène y sera produit via un électrolyseur. La station est présentée par Hysetco comme la plus grande d'Europe en capacité. Le programme prévoit par ailleurs une autre station au Bourget, d’ici la fin de l’année.

Ce réseau est destiné à accompagner le développement de la flotte Hype, qui compte plus de 200 taxis à hydrogène, et qui devrait en compter 700 d’ici la fin de l’année. D’autres sont encore à venir, car HysetCo a remporté l’appel à projets de l’Ademe « Ecosystèmes Territoriaux Hydrogène », avec à la clé une subvention de 13,5 millions d’euros. Le projet H24FP (Hydrogen Fuel for Paris Region) prévoit la mise en place de 6 stations en Ile-de-France, en lien avec les JO de 2024.

   

En parallèle, Hype entend développer son propre réseau de stations à l’hydrogène.

Car son fondateur, Mathieu Gardies, souhaite aller plus vite et créer les conditions pour favoriser la mobilité H2. Il a créé en 2021 une filiale, Hype Assets, destinée à déployer des points de charge dans la capitale et d’autres villes. Plus récemment, la société a émis des obligations, auxquelles ont souscrit McPhy pour 12 millions d’euros et HRS pour 8 millions. En échange, elle va passer des commandes à ces mêmes partenaires.

Ainsi, le fabricant de stations HRS (Hydrogen Refuelling Stations), basé près de Grenoble, doit implanter huit stations d'hydrogène bas-carbone (6 d'une capacité de 1 000 kg/jour et 2 d'une capacité de 200 kg/jour). Les deux premières ont été commandées. Pour sa part, le fabricant d'électrolyseurs McPhy a reçu une commande d'un électrolyseur alcalin de 2 MW et d’une station à double pression d’une capacité de 800 kg par jour. Deux autres stations de très grande capacité devraient être commandées d'ici au 30 juin. En tout, 12 stations au minimum devraient être commandées par Hype à ces deux partenaires à l’échéance de l’été 2023.

   

L’objectif de Hype est bien plus ambitieux.

Il est de déployer d’ici fin 2024, en Île-de-France, un réseau de production et de distribution d’au moins une vingtaine de stations d’1 tonne/ jour et six stations de plus petite capacité, ouvertes à tous les usages. Ces stations seront alimentées par de l’hydrogène vert, produit localement. Le réseau pourra faire face aux besoins en ravitaillement d’une flotte de 10 000 véhicules (taxis et VTC). Et ce qui a fonctionné à Paris pourra être dupliqué ailleurs. L’ambition de Hype est de s’implanter dans 15 autres métropoles, en France et à l’international. Fin 2025, la société vise une flotte de 40 000 véhicules en usage taxi et d’un réseau de 100 stations (d’une capacité d’1 tonne/ jour). McPhy et HRS pourraient bénéficier d’une co-exclusivité pour fournir ces stations.

   

Avec ces efforts conjoints, Hype et Hysetco développent ensemble un réseau maillé de stations.

Ces infrastructures de distribution pourront être mutualisées afin de répondre aux besoins des flottes urbaines et interurbaines professionnelles. L’objectif est d’accélérer ainsi le passage à l’hydrogène d’une multiplicité d’usages professionnels : poids lourds, logistique du dernier kilomètre, bennes à ordures ménagères, balayeuses, etc. Par exemple, Hype s'est rapproché d'Ecolotrans, un précurseur de la logistique urbaine écologique fondé en 2005. Leur objectif est d'accélérer la transition des flottes logistiques vers des solutions de mobilité zéro émission en s’appuyant sur la solution hydrogène, à Paris et dans plusieurs villes de France.

Par ailleurs, la compagnie de taxis a investi dans le projet Last Mile. Initialement développé par Akuo (un producteur français indépendant d’énergies renouvelables fondé en 2007), ce projet destiné aux acteurs du dernier kilomètre comprend le déploiement Ile-de-France d’ici 2024 de flottes de véhicules hydrogène et d’un réseau de 16 stations d’hydrogène vert.