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Mercedes passe au tout-électrique

Parmi les trois ténors du Premium allemand, il y en a au moins deux qui se disent prêt à tourner la page du moteur thermique avant les échéances fixées par Bruxelles.

A partir de 2026, Audi ne lancera plus de nouveaux modèles avec un moteur à combustion (même pas sous forme d’hybride rechargeable).

Et à compter de 2033, il n’y aura plus que des modèles zéro émission. La marque aux anneaux se cale évidemment sur l’agenda de la maison-mère, Volkswagen qui a lancé l’un des programmes d’électrification les plus ambitieux de l’industrie automobile. Pour sa part, Mercedes pourrait devancer ce calendrier. La marque à l’étoile, qui vient de décrocher pour la première fois de son histoire le championnat du monde de Formule E* (doublé constructeurs et pilotes), se dit prête à passer au tout électrique d'ici 2030. Elle va au total consacrer 40 milliards d'euros pour relever ce défi en moins de dix ans à l'électrification.

Des architectures 100 % électriques dès 2025

Mercedes a relevé ses prévisions. La marque s'attend désormais à une part des voitures hybrides et électriques parmi les ventes mondiales d'au moins 50 % en 2025, contre 25 % précédemment. La Chine va évidemment jouer un rôle majeur dans l’accélération des ventes de modèles zéro émission, même si la pression exercée par l’Europe change aussi la donne. Dès 2025, la firme de Stuttgart ne lancera plus que des architectures 100 % électriques. La plateforme MB.EA couvrira ainsi tous les véhicules de la gamme VP. Une autre plateforme, VAN.EA, sera destinée aux véhicules utilitaires légers et leurs dérivés VP. Par ailleurs, Mercedes a aussi prévu la plateforme AMG.EA qui concernera plus spécifiquement ses bolides à haute performance AMG. La base technique sera préparée avec Yasa, une société britannique spécialisée dans les moteurs électriques que la marque à l’étoile vient de racheter. Celle-ci va devenir une filiale, développant des moteurs électriques à ultra-hautes performances, tout en conservant sa propre marque, son équipe, ses installations et en continuant de fournir les constructeurs de supercars. Yasa a développé un moteur électrique à flux axial exclusif qui se montre très efficaces, malgré une taille et un poids plus faibles.

Des investissements dans la batterie

Pour alimenter ses modèles 100 % électriques, le constructeur allemand prévoit d’avoir neuf usines de batteries, réparties sur sept sites et trois continents. Si les sites de Kamen (Allemagne), Hedelfingen (Allemagne), Bangkok (Thaïlande), Pékin (Chine) et Jawor (Pologne) sont déjà opérationnels, ce sera le tour dès l’année prochaine de nouveaux points de production à Brühl (Allemagne) et Tuscaloosa (États-Unis). En outre, une usine de batteries va également voir le jour à l’usine de Sindelfingen près de Stuttgart, en Allemagne. La marque vise une capacité de 200 GWh. Son souhait est d’avoir des batteries de nouvelle génération très flexibles, dont la densité énergétique sera améliorée grâce à une anode en silicium-carbone. Mercedes étudie également la batterie solide.

Et BMW ?

Le dernier des trois champions du Premium allemand n’a pas encore donné de date pour l’arrêt du moteur thermique qui est son fonds de commerce**. Le groupe a pour ambition d'augmenter les ventes de modèles électriques de plus de 50 % d'ici 2025. La gamme se compose à ce jour de l’i3, du SUV iX3 et de la nouvelle berline i4 qui arrive dans quelques mois. Des versions entièrement électriques de la Série 5 et du X1 suivront dans les années à venir. Chez Mini, il existe déjà un modèle électrique SE et la remplaçante de la Countryman passera aussi à la batterie. Au sein de BMW Group, Mini deviendra une marque 100 % électrique à partir de 2030. Et à la même échéance, les ventes de modèles zéro émission devraient représenter 50 % des ventes chez BMW.

*Un championnat qu’elle quittera en 2022 pour se concentrer sur la production de composants pour ses véhicules électriques

**Le nom BMW signifie usine de moteurs bavarois