La 6ème édition du congrès ELECTRIC-ROAD aura lieu du 18 au 20 octobre 2021.

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TotalEnergies devient un acteur qui compte dans l’électrique (1/2)

Le groupe pétrolier, qui a changé récemment de nom, diversifie ses activités et entend devenir un acteur majeur de la mobilité électrique. Le congrès Electric-Road, dont il est un des plus gros partenaires, sera l’occasion d’évoquer cette stratégie et de faire des annonces.

Le 28 mai dernier, l’Assemblée Générale Ordinaire et Extraordinaire des Actionnaires du groupe pétrolier a voté à une quasi-unanimité la résolution visant à changer la dénomination sociale de l’entreprise.

Total devient donc TotalEnergies et étrenne au passage une nouvelle identité visuelle.

Celle-ci reflète l'identité d'une compagnie multi-énergies, « qui met en œuvre sa mission de produire et fournir des énergies toujours plus abordables, disponibles et propres ». A côté du pétrole et du gaz, qui restent des piliers pour le groupe, on retrouve donc la biomasse, l'éolien, le solaire, mais aussi l'électricité et l'hydrogène, « Notre ambition est d’être un acteur majeur de la transition énergétique. C’est pour cela que Total se transforme et devient TotalEnergies », a déclaré Patrick Pouyanné, PDG du groupe. Dans le domaine de la mobilité électrique, il faut rappeler que TotalEnergies a racheté Saft en 2016. Le fabricant de batteries, qui a plus d’un siècle d’existence, a une expertise dans plusieurs chimies dont le lithium-ion. Depuis plus de 20 ans, la société livre des batteries pour des véhicules hybrides et électriques comme des camions et des engins de nettoyage. Jusqu’à présent, elle n’était pas sur le marché de l’automobile, sauf exceptions*. Mais, cela va changer et avec un passage à l’échelle immédiat.

*Saft a travaillé avec Peugeot, d’abord sur une 205 électrique, puis sur d’autres voitures électriques (106 et AX Citroën) qui circulaient dans les rues de La Rochelle dans les années 1993-2000. Au cours de la même période, la société a aussi travaillé sur le véhicule électrique avec Chrysler. Saft a testé en 2008 une batterie sur une Kangoo électrique (Cleanova La Poste), puis a créé une société commune avec Johnson Controls pour des véhicules hybrides qui a été arrêtée ensuite.

Un acteur majeur de la batterie

Saft est en effet partenaire du groupe PSA (devenu entre-temps Stellantis depuis la fusion avec Fiat-Chrysler) dans le cadre de la société Automotive Cells Company (ACC).

Alors qu'elle travaille à la mise en place d'une première usine pilote à Nersac (Charente), près d'Angoulême, ACC prévoit la mise en place de deux usines aux capacités de production beaucoup plus importantes en 2022.

Outre celle de Douvrin (Pas-de-Calais), une usine similaire sera construite à Kaiserslautern, en Allemagne. Et entre temps, d’autres projets se sont concrétisés comme une autre giga-factory en Italie. Lors d’un récent EV Day, le groupe Stellantis a annoncé que sa stratégie d'approvisionnement en batteries lui permettra de disposer de plus de 130 GWh de capacité d’ici 2025 et de plus de 260 GWh d’ici 2030. TotalEnergies sera donc un partenaire essentiel du virage du 4e constructeur automobile mondial. La road map prévoit la sortie en 2024 d‘une technologie à haute densité énergétique et d’une autre sans nickel ni cobalt. Puis en 2026, il y aura la première technologie de batterie à électrolyte solide qualifiée de « concurrentielle ». Comme l’explique Jean-Baptiste Pernot, Directeur Opérations et Transformation chez Saft, les batteries solides vont permettre de changer de paradigme. « Dans une batterie « tout solide », l'électrolyte liquide est remplacé par un composé inorganique solide qui permet néanmoins la migration des ions lithium, explique-t-il. « Avantage de taille : la sécurité est intrinsèquement renforcée, que ce soit au niveau des éléments ou de la batterie. Faire passer un courant à travers un solide d'aboutir à des batteries ininflammables, avec une densité augmentée, une durée de vie allongée et des coûts de production réduits », souligne-t-il.

Total s’investit aussi sur les bornes

Le groupe énergétique développe également l’infrastructure liée à la mobilité électrique.

Il dispose ainsi d’une division EV Charge, qui propose l’installation de bornes (7 kW AC, 22 kW AC et 24 kW DC), leur supervision, ainsi que la maintenance. Il est par ailleurs opérateur du réseau Belib’ à Paris (celui qui remplace l’ancien réseau d’Autolib’ avec des bornes alimentées en

électricité 100 % d’origine renouvelable, fournie par Total Direct Energie). Précisons que Free2Move, la marque de mobilité du groupe Stellantis, utilise ce réseau de bornes (2 300 points de charge à terme) pour son activité d’autopartage à Paris. TotalEnergies est également opérateur de bornes à Londres, Bruxelles et Amsterdam. Il se fixe un objectif en 2025 de 150 000 points de recharge pour véhicules électriques dans les grandes agglomérations européennes. Grâce à la carte Multi-Energies, le groupe donne d’ailleurs la possibilité d’accéder au parc de bornes électriques en France et en Europe, et au réseau de stations-service opéré par TotalEnergies avec des conditions préférentielles. A ce jour, 50 stations du distributeur sont équipées de bornes ultra-rapides (jusqu’à 175 kW, de façon à pouvoir recharger un véhicule en 15 min - 20 min). C’est notamment le cas de celle de la Défense, près de Paris, qui est la première station-service en France à ne proposer que de la recharge électrique. Véritable vitrine, elle est située juste à côté du siège social du groupe. TotalEnergies espère équiper de bornes de recharge 300 stations sur le territoire d’ici 2023 (sur un parc de 3 500 stations-service déjà existantes dans l’hexagone). 200 se retrouveront sur les autoroutes et routes nationales françaises et 100 seront dispersées en zones urbaines et périurbaines, dans des régions concernées par la mise en place d’une Zone à faible émissions (ZFE). En termes de prix, le client déboursera 30 centimes d’euro la minute pour les bornes 50 kW et 45 centimes d’euros la minute pour les bornes 175 kW (contre 0,76 € pour le réseau Ionity).