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VW accélère (encore plus) dans l’électrique

Déjà bien engagé dans la mobilité électrique, le groupe allemand amplifie son effort et compte y ajouter les logiciels et la conduite autonome en vue de 2030. D’ici dix ans, il anticipe une révolution comparable à celle du passage du cheval à l’automobile.

A travers un programme baptisé New Auto, l’ex-numéro 1 mondial a dévoilé sa stratégie en vue de 2030.

Sans surprise, le groupe voit l’électrique prendre le pas sur le moteur thermique (condamné à terme par les normes européennes).

Il estime d’ailleurs que les marges seront comparables d’ici deux à trois ans.

Si la voiture électrique coûte aujourd’hui plus cher, des économies d’échelles sont attendues avec les usines de batteries et le partage de technologies au sein des différentes marques. Sur le premier point, VW entend disposer de 6 giga factories en Europe pour une capacité de production totale de 240 GWh d’ici 2030. Il y en aura une en Suède avec Northvolt, une autre en Allemagne avec le chinois Gotion High-Tech et une troisième a priori en Espagne (pays dont le constructeur veut faire un pilier stratégique de son offensive électrique). Pour les autres, les sites restent à déterminer.

Sur le deuxième point, le constructeur allemand entend optimiser encore plus les coûts pour rendre la voiture électrique abordable. Alors qu’il existe deux 2 plateformes pour l’électrique (MEB pour les principaux modèles et PPE pour Audi et Porsche), il ambitionne de développer une plateforme unique. Baptisée SSP (Scalable Systems Platform) et 100 % électrique, elle pourra être acceptée par tous les modèles du groupe, quel que soit le segment, de la citadine à la sportive. Les premiers modèles seront produits à partir de 2026, en débutant par le projet Trinity de Volkswagen. Et elle sera ouverte à d’autres constructeurs, comme c’est le cas pour la plateforme électrique MEB dont va bénéficier Ford.

D’ici 2030, le groupe prévoit de réduire son empreinte carbone par véhicule de 30 % sur l’ensemble du cycle de vie (par rapport aux valeurs de 2018), conformément à l’Accord de Paris.

Sur la même période, la part des véhicules électriques devrait atteindre 50 %, tandis qu’en 2040, pratiquement 100 % de tous les nouveaux véhicules du groupe sur les principaux marchés seront des véhicules zéro émission. D'ici 2050 au plus tard, Volkswagen entend être totalement neutre pour le climat.

Mais, le groupe allemand ne souhaite pas seulement électrifier ses gammes.

Il souhaite proposer des véhicules qui soient aussi intelligents, connectés et autonomes. Alors que les nouvelles I.D 3 et 4 peuvent recevoir des mises à jour pour le logiciel embarqué, ce sont toutes les voitures du groupe qui vont pouvoir recevoir un soft maison. A partir de 2025, le groupe va en effet déployer une architecture électronique adaptée, avec un système d’exploitation unifié baptisé VW.Os.

D’ici 2030, jusqu’à 40 millions de véhicules de différentes marques auront cette base technique. La plateforme assurera la prise en charge du niveau 4 de la conduite autonome (alors que l’industrie se limite aujourd’hui à un niveau 2). Le constructeur allemand pourrait ainsi créer le plus grand réseau neuronal de véhicules du monde. Avec les données en temps réel issues de la conduite automatisée et connectée, les véhicules pourront être continuellement mis à jour avec de nouvelles fonctions et de nouveaux services.

Et à côté de l’offre de véhicules particuliers, VW prépare la mise en service d’un robot-taxi sur la base d’un Combi (I.D Buzz) en 2025, en Europe comme aux Etats-Unis. Le groupe anticipe également sur l’évolution des mobilités et entend proposer des flottes de navettes électriques autonomes sous forme de location ou de service à la demande. Il souhaite au passage maîtriser toute la chaîne de valeur. D’ici 2030, le marché total de la « Mobility-as-a-Service » dans les cinq plus grands pays européens devrait, à lui seul, atteindre 70 milliards de dollars.